À mi-chemin…

Je suis assise dans la salle d’attente de l’hôpital. Je n’arrête pas de jacasser… C’est la nervosité, je le sais. Même si ce qui m’attend est plein de promesses et de bonheur, je suis envahie par le stress. J’ai si hâte qu’on appelle mon nom, pour me diriger vers la petite salle obscure où je rencontrerai pour la deuxième fois cette petite merveille!

Il y a deux mois, j’étais beaucoup plus nerveuse. Cette grossesse faisant suite à une fausse couche à trois mois, je n’avais que ces mots en tête : et si… J’avais tellement peur de ne voir qu’un trou noir à l’écran, ou pire, un petit bébé immobile, sans le petit scintillement de son cœur. J’avais été soulagée et amusée de le voir se sauver de la sonde le plus possible. C’est qu’il bougeait déjà énormément ce petit être!

Ça y est, j’entends mon nom. Je prends une grande respiration, me lève et, suivie de mon conjoint, je rejoins la salle 7. Je me sens fébrile. Je sais qu’il est bien là le bébé. Mais, et c’est bien la première fois, je reste prudente : je sais que tout peut arriver (un retard, un problème, une anomalie, etc.)

 Crédit photo : Catherine Galarneau

Crédit photo : Catherine Galarneau

La technicienne est très douce et gentille. Dès qu’elle pose la sonde, nous avons une vision du bonheur : un petit être complet, qui semble tout ensoleillé. Quelle belle rencontre nous avons eue! Très longue, parce que le (ou la) coquin n’était pas bien positionné et semblait chercher, encore une fois, à se soustraire à nos regards. Entre vous et moi, il n’avait pas beaucoup de place pour se cacher, alors on a eu tout le loisir d’en profiter! Étonnamment, c’est l’échographie où nous avons le mieux discerné notre enfant alors que c’est celle où la technicienne a eu le plus de mal à obtenir toutes les vues requises pour écarter tout problème visible. Je devrai y retourner dans environ un mois et demi pour espérer mieux voir le petit cœur sous toutes ses coutures. Le médecin nous a rassurés : il n’y a quand même pas d’inquiétude à avoir, c’est jusqu’on ne voit pas!

Je suis à mi-chemin. Plus près de la fin que du début, surtout si je me fie à mes grossesses précédentes. Surtout si je me fie à la problématique qui avait mené à une induction de mon dernier accouchement (bien avant la fausse couche!) à 37 semaines et qui a de fortes chances de revenir (je vous en reparlerai, ça vaut bien un billet.)

Mi-chemin.

 Crédit photo : Catherine Galarneau

Crédit photo : Catherine Galarneau

C’est dire que ça s’en vient! Devant cet écran noir et blanc, j’ai saisi l’ampleur de l’aventure : il y a une petite vie qui pousse dans le creux de mon ventre! C’est que le 4e enfant, ce n’est pas comme le premier. Avec les trois autres qui continuent de pousser autour de moi, je n’ai pas autant le temps de m’arrêter pour réaliser ce qui se passe, d’intégrer totalement ce que je vis. Certes, chaque jour de nombreux symptômes me rappellent que je partage mon corps, mais j’avoue que ça roule tellement, que je ne réalise pas encore tout à fait la super opportunité, l’extraordinaire aventure que je vis en ce moment. Il y a sûrement aussi une part qui vient du fait que nous avons vraiment commencé à la vivre pleinement à 12 semaines cette grossesse, étant trop prudents avant pour se réjouir complètement.

Quoi qu’il en soit, je réalise encore une fois que c’est toute une aventure. Que ça va vite. Qu’il va falloir préparer l’arrivée de ce bébé au cours de l’été. Qu’il va falloir penser à des prénoms, peinturer sa chambre, laver les petits pyjamas qui sont désormais les siens, monter sa couchette et lui acheter un siège d’auto. Parce que celui que nous avions est « passé date ».

C’est tellement excitant de plonger dans les préparatifs! 

Article rédigé par Catherine Galarneau