À la recherche du stérilet perdu

Avertissement : ce que vous lirez n’est pas croyable, mais c’est pourtant la vérité.

Lors d’un rendez-vous de routine chez mon médecin, nous discutons de l’âge du stérilet que j’avais fait poser après la naissance de mon dernier enfant. Nous approchions de la date de péremption.

Stérilet

Un médecin de famille ne peut pas remplacer un stérilet. Je dois donc me tourner vers le gynécologue-obstétricien qui me l’avait installé. Un rendez-vous m’est donné pour dans dix-huit mois. Oui. Un an et demi.

À une semaine du rendez-vous, coup de téléphone : « Dr Untel sera de garde le jour de votre rendez-vous. Nous le reportons dans trois mois. »

À une semaine, encore, du nouveau rendez-vous, message sur le répondeur : « Dr Untel sera de garde le jour de votre rendez-vous. Veuillez nous rappeler pour fixer une nouvelle date. »

Le problème est le suivant : personne ne répond et il n’y a pas de répondeur à cette clinique.

Puisque j’avais rendez-vous avec mon médecin de famille dans ce mois-là, je lui parle de la situation. Nous discutons des différentes possibilités. Puisque je n’ai plus de conjoint depuis belle lurette, je ferai retirer le stérilet sans en faire reposer un autre. Cette action, il peut la faire lui-même.

Nous nous installons donc pour le retrait de la chose en question. Après une fouille importante, le constat est le suivant : on ne trouve pas le stérilet.

Voici ce qui m’attend :

Primo, radiographie pour nous assurer qu’il est toujours à l’intérieur de mon corps. Il semblerait que ça peut fuguer. Personnellement, j’ai l’impression que je m’en serais rendu compte. Un stérilet. Il me semble que ça ne passe pas inaperçu.

Secundo, échographie pour bien le localiser.

Ensuite, un gynécologue se chargera de le retirer.

C’est en le voyant sur la radiographie que j’ai pris conscience réellement que j’ai un corps étranger à l’intérieur de moi. Une sensation très étrange.

La clinique m’appelle pour le prochain rendez-vous. Je me présente en croyant que je passerai une échographie. Mais non. Les échos sont à l’hôpital, Madame, pas à la clinique. Moi, je me rends simplement où vous m’envoyez.

La gynéco et son résidant décident « d’aller à la pêche » (selon leurs dires) sans échographie. On me fouille donc dans l’utérus jusqu’à la souffrance insoutenable. Moment où la gynéco dit à son résidant qu’on va devoir me faire passer une écho, finalement. Ils ne trouvent pas mon stérilet et vont procéder selon le protocole. Je me serais évité cette douleur s’ils l’avaient suivi au départ.

Je me rends à l’hôpital au jour et à l’heure prévus. Ils avaient oublié de m’inscrire à la liste de rendez-vous. On va me voir tout de même.

La gynéco fait l’échographie elle-même. Elle n’est pas certaine de le voir. Elle pense l’avoir trouvé à 90 %. Ça laisse 10 % de marge d’erreur. C’est beaucoup. Surtout qu’elle regarde du côté gauche. À la radio, mon stérilet était du côté droit.

On me raconte donc que le stérilet a pu se déplacer et sortir de l’utérus pour aller dans le ventre. J’ai un stérilet vagabond !

Résultat : je suis sur une liste d’attente pour une chirurgie.

Après avoir accouché deux fois complètement naturellement, je vais me faire opérer pour enlever un stérilet qui m’est complètement inutile depuis quatre ans.

Des fois, la vie est baveuse.

Article rédigé par Catherine Lemire